Prison Numérique : Mise en lumière de quelques nuances sombres de notre société numérique

À ce jour, plus de 3 milliards d’homo digitalis sont recensés sur les réseaux sociaux numériques. Les 2,7 milliards de smartphones en circulation leur permettent d’être connectés en permanence pour une présence dans le cyber espace dépassant 6 heures par jour. Une partie significative de notre temps se résume à faire face à l’écran de nos machines, télévisions, tablettes, mobiles, intelligents ou non. Sur et avec ces derniers, nous concevons, nous consommons, nous écrivons et nous produisons une ressource unique qu’est la donnée. Des opérations qui représentent désormais plus d’un tiers de notre temps actif. La dépendance est forte et il est surprenant de constater que plus de 25 % des Français s’ils se réveillent la nuit, en profitent pour consulter leur précieux téléphone. Un geste si récent et pourtant déjà si ordinaire. En moyenne, un individu consultera plus de 150 fois par jour son appareil, véritable extension du corps humain. En une seconde de cette nouvelle vie, on compte 8772 tweets, 959 photos Instagram, 1628 messages Tumblr, 4288 appels Skype, 84 Giga-octets de trafic Internet, 79 293 recherches Google, 81 839 vues de vidéos YouTube et 2 864 514 courriels envoyés. Une illustration de l’importance des technologies et d’une évolution très perceptible des mœurs. Le pouvoir de ces appareils est tel sur notre environnement que certains anthropologues les considèrent même comme faisant partie de notre phénotype.

 

Cette (r)évolution s’est faite vite, si vite qu’un certain manque de recul nous a floués et dupés. Pressés par le temps, par les opportunités, par les notifications, par l’abondance d’informations, par l’urgence, nous n’avons pas su mettre le système en pause. L’arrêter comme pour mieux constater là où nous sommes arrivés et ce à quoi nous ressemblons aujourd’hui, nous pourtant si humains. Qu’a fait de nous le web au travers de ce prisme déformant ? Nous sommes embarqués au cœur d’une mutation possiblement irréversible vers une société digitale aux travers exacerbés. 

Ce prisme de verre m’inquiète. J’aime le digital tout autant que je le crains. La vie, cependant, je l’aime par-dessus tout. Elle est riche de toutes ses saveurs, de toutes ses couleurs. Dans ce modeste écrit se regroupe un ensemble de faits, constats et réflexions sur la société sous sa nouvelle version. Une société 2.0, dont le terme est déjà obsolète, dite « en réseau » où tout le monde y est connecté. Quel destin commun espérer de nos nouvelles vies ? Sommes-nous toujours libres et non emprisonnés dans la toile ? Sommes-nous capables de conserver nos valeurs et rester à l’état naturel quand tout est à la vue de tout et de tous à chaque instant ? Discrètement, les algorithmes nous dictent leurs règles et nous entrainent peu à peu vers une prison numérique.

Le reflet de notre image se dessine sur le digital. Le portrait résultant est un mélange imparfait de nuances à la fois colorées et ternes. Si certains traits de l’esquisse sont dignes d’une œuvre d’art, d’autres sont bien plus gris et inquiétants. Ces derniers sont l’objet de cet ouvrage.